Anvers, le voyage du diamant

Le savoir de la maison

Anvers, le voyage du diamant

De la bourse d'Anvers aux ateliers parisiens, un même diamant a souvent traversé deux pays avant de reposer sur une main — voici la route qu'il a parcourue.

XVe siècle
Bruges
Dès 1585
Anvers
XIXe – XXe
Paris
Aujourd'hui
Or du Temps
quatre chapitres

Une bourse née d'un port Anvers

C'est à Bruges, au XVe siècle, que l'on situe la naissance de la taille moderne du diamant. Mais c'est Anvers qui, à partir de 1585, hérite de ce savoir-faire lorsque le port de Bruges s'ensable : sa position sur l'Escaut en fait un carrefour commercial idéal entre l'Europe du Nord et les routes venues d'Inde, puis plus tard d'Afrique. La ville devient peu à peu la place où l'on taille, où l'on négocie, où l'on certifie — un rôle qu'elle n'a jamais quitté depuis.

Le quartier des diamantaires Anvers

Aujourd'hui encore, le Diamond District d'Anvers concentre une part considérable du commerce mondial de diamants bruts et taillés. Quatre bourses diamantaires, des générations de tailleurs, souvent issus de communautés juives anversoises puis indiennes, y perpétuent un geste minutieux : observer la pierre brute, décider où et comment la fendre pour libérer le plus de lumière possible.

Le fil qui rejoint la France France

Dès le XIXe siècle, les maisons de joaillerie parisiennes s'approvisionnent en pierres taillées à Anvers pour habiller leurs créations Belle Époque puis Art Déco. Le diamant voyage alors dans l'autre sens : taillé en Belgique, il est serti à Paris, place Vendôme et alentours, où les artisans français composent avec l'or, le platine et les motifs floraux ou géométriques qui définissent encore aujourd'hui l'élégance de cette époque.

Chaque bijou ancien porte ainsi, sans le dire, la trace de ce double geste : la lumière libérée à Anvers, la forme donnée à la française. Une route de plusieurs siècles, que nous retrouvons pierre après pierre dans chaque pièce que nous choisissons.